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Jumelage allemand avant

Plouguerneau/Edingen-Neckarhausen

"Le jumelage à travers les âges"

 

 

 

 

Le scénario est classique et, hélas ! Archi-connu. A quelques semaines d’intervalle, diverses personnalités, solennelles, graves et chargées d’un pesant ennui, traversent (dans les deux sens) une quelconque frontière, serrent distraitement des mains sur leur passage, donnent l’accolade à leurs homologues de l’étranger, allocutionnent quelques phrases supposées historiques, mais qui donnent une idée assez exact du vide, apposent une machinale signature au bas d’un vague document, « sèchent » élégamment une ou deux coupes de champagne et se préoccupent, sans attendre du départ du prochain avion ou du prochain train. Les deux villes sont jumelées. Mission accomplie !

Les journaux en diront deux mots en orthographiant mal le nom de la ville étrangère. Puis dans un ou deux mois, ce nom sera complètement oublié.

Telle n’est pas la définition du jumelage entre les villes de Plouguerneau et de Neckarhausen. Voici leur histoire…

 

La naissance du Jumelage,

 

Le premier fondateur du jumelage Plouguerneau – Neckarhausen fut le hasard.

Le 5 Juin 1964, la chorale d’hommes « Männergesangverein 1859 » écrit une lettre au consulat de France à Baden–Baden pour demander à entrer en contact avec des chanteurs français : bretons, méridionaux ou encore, normands. La lettre, signée de Heinz Quintel, président du groupe, est transmise à la préfecture du Finistère qui elle-même l’expédie à la « confédération des sociétés culturelles, artistiques et folkloriques de Bretagne (Kendalc’h) », confédération à laquelle était affiliée la chorale « Kenvroiz Dom Mikael ». Finalement, c’est la « fédération des cercles celtiques et chorales (UDK) » qui transmet à la chorale de Plouguerneau une copie de la lettre dactylographiée de la lettre du MGV 1859.

Le responsable des KDM de Plouguerneau répond, le 1er octobre, à Kendalc’h que les chanteurs de Plouguerneau vont prendre tout de suite contact avec les allemands et leur donner quelques renseignements sur Plouguerneau et sur eux-mêmes. Mais, Kendalc’h, par l’intermédiaire de l’U.D.K fait savoir à René Abjean qu’en fait « c’est un jumelage avec votre ville que ce groupe demande ».

C’est sera doute la première fois que le mot jumelage apparaît. Neckarhausen ne demandait sans doute pas expressément un jumelage. Mais Plouguerneau a dû le penser. Si bien que Neckarhausen a pu croire qu’en fait c’est Plouguerneau qui a émis l’idée d’un jumelage. Kendalc’h a fait cette réponse à la chorale KDM en pensant que c’était le meilleur moyen pour faire entrer en contact les deux chorales, d’autant plus qu’il avait déjà réalisé une dizaine de jumelage de villes et de groupes de chanteurs de Bretagne avec des villes de Rhénanie.

La première lettre officielle entre Plouguerneau et Neckarhausen a été écrite le 10 octobre 1964 par René Abjean aux membres du MGV pour leur donner un très rapide aperçu de la ville bretonne et de sa chorale. Le 2 mars, une lettre de René Abjean informe le maire de Plouguerneau, dossier à l’appui, des contacts entre les deux groupes de chanteurs. Il lui demande s’il est favorable à ces « rapports internationaux ». Cette demande est appuyée par Kendalc’h et la Direction Départementale de la Jeunesse et des Sports. Le Dr Léon Guéguen, maire, soumet naturellement cette proposition à son conseil municipal qui l’adopte à l’unanimité le 13 avril 1965. (Décision approuvée en sous-préfecture le 29 avril). En fait, par cette décision, Plouguerneau demandait à être officiellement jumelée avec Neckarhausen…

Un peu plus, de deux années plus tard, le Vendredi 14 Juillet 1967, jour de la fête nationale française, fût la naissance officielle du jumelage entre Plouguerneau et Neckarhausen. Et cela avec la présence de nombreuses personnalités dont M. de Poulpiquet (Député), Le Dr Guéguen (Conseiller général et Maire de Plouguerneau), M.Schläfer (Bourgmestre de Neckarhausen), M. Pernoud (Représentant de la fédération mondiale des villes jumelées).

 

Un jumelage ne se limitant pas à une simple signature,

 

Trois ans après ce fameux 14 juillet 1967, le jumelage se portait toujours très bien. Il fut d’ailleurs l’occasion d’un beau geste de solidarité. M. Georges Martin, commerçant à Lesneven et conseiller municipal de cette ville était depuis très longtemps l’intendant d’un camp de vacances de Plouguerneau. En 1968, il accompagna ce camp au bord du Neckar, et très rapidement, il s’y était fait un bon nombre d’amis qui vinrent d’ailleurs, certains d’entre eux, lui rendre visite en 1969.

Aussi lorsque M. Schläfer apprit l’incendie de son magasin à Lesneven, il fit ouvrir une souscription publique à Neckarhausen en ayant eu la délicatesse de prévenir Georges Martin et sa famille de ce qu’il entreprenait. Mais malheureusement, Georges Martin devait s’éteindre dans l’intervalle. En effet, le matin du 2 avril, le Dr Guéguen, G. Lindivat, l’abbé Arzel et cinq jeunes allemands se rendirent à Lesneven remettre à madame Martin et à ses enfants le chèque qui représentait le produit de la collecte faite à Neckarhausen. Dans une ambiance empreinte de dignité et d’émotion, le maire de Plouguerneau donnait lecture de la lettre du bourgmestre de Neckarhausen expliquant le geste de la population de sa commune « en signe de la profonde amitié qui unit les deux cités » et en soulignant l’amitié qu’il portait à Georges Martin. Après quelques mots du Dr Guéguen, l’enveloppe fut remise à Madame Martin. Très émue, elle remercia tout le monde et en particulier, Neckarhausen et M. Schläfer. Elle s’interrompait souvent, les larmes lui venaient comme à d’autres personnes de l’assistance. Elle devait dire pourquoi son mari et elle avaient accepté le principe de cette collecte. Puis, Madame Martin se mit à parler de son mari et de la joie qui aurait été la sienne de pouvoir assister à cette cérémonie. Puis tout le monde leva son verre à l’amitié Plouguerneau-Neckarhausen…

 

1974, rupture du jumelage ?

 

Dimanche 24 mars 1974, la pérennité du jumelage est incertaine. Voici ce que l’on pouvait lire dans le Prône :

« Il y a actuellement un grand malaise à Neckarhausen. En effet par décision du Landtag de Stuttgart, il y aura fusion entre Edingen et Neckarhausen, et cette dernière ville, vieille pourtant de 1200 ans, disparaîtrait. Un référendum organisé a vu 87,64 % de votants à Neckarhausen, et sur ce chiffre record, 95,06 % de votants ont dit non à la fusion. Mais il semblerait qu’elle soit inévitable et nos amis de Neckarhausen se montrent inquiets sur le sort de leur ville et de notre jumelage. » Un an plus tard, Neckarhausen a « succombé dans la lutte pour son indépendance ». Mais que devient le jumelage ?

Après quelques incertitudes, il pourra être maintenu. M. Werner Herold, dernier Bourgmestre d’Edingen et premier Bourgmestre d’Edingen-Neckarhausen, est tout à fait disposé à transférer les liens qui unissent Plouguerneau et Neckarhausen sur la nouvelle commune.

Dans ses vœux pour l’année 1976, M. Herold écrit :

« Nous sommes contents à Edingen-Neckarhausen d’apprendre par votre maire estimé, Dr Léon Guéguen, que vous aimeriez fortifier le jumelage et nos relations amicales et de les étendre à la nouvelle commune d’Edingen-Neckarhausen. La fusion des deux communes Neckarhausen et Edingen au printemps 1975 a diminué les relations de notre jumelage bien malgré nous. Nous vous remercions, chers amis, pour votre grand intérêt pour les problèmes difficiles que le Landtag nous a apportés. La nouvelle commune commence à fonctionner. Cette année devrait devenir une année de progrès et de fortification pour nos relation mutuelles. Elle commencera par la visite, au printemps, de votre comité de jumelage. Ce que nous attendons avec plaisir. Depuis longtemps les habitants d’ Edingen voudraient participer au jumelage que les habitants de Neckarhausen ont pratiqué d’une telle façon qu’ils souhaitent suivre leur exemple. C’est pourquoi nous sommes contents d’apprendre que les traités d’amitié entre Neckarhausen et Plouguerneau seront transmis sur la nouvelle commune d’Edingen-Neckarhausen »…

A suivre…

Selon les travaux de Jean Joseph Bernard.

Coordonnées
MAIRIE DE PLOUGUERNEAU - 12 rue du Verger - 29880 PLOUGUERNEAU - Tél. : 02 98 04 71 06 -